Ma démarche

 

 « M’sieur c’est noté ? Non, ce n’est pas noté, c’est évalué  »

         A chaque activité que nous réalisons en classe, cette question, m’est posée par un ou plusieurs élèves, quels que soient leurs profils et résultats scolaires, et bien souvent la réponse que je donne est la même. Comme on leur a si bien apprit depuis leur entrée à l’école, un grand nombre d’élèves, attendant une note comme on attend une rétribution, se sont lancés dans cette course au chiffre. Après tout, les premiers arrivés seront les mieux servis en termes de choix d’orientation, de valorisation scolaire et sociale.

 

         Aujourd’hui, il me semble que la note perd de son sens dans l’enseignement de ma discipline et l’évaluation des acquis des élèves. En effet, l’utilisation des notes chiffrées engendre à mes yeux au moins un effet négatif majeur : Qu’elle soit bonne ou mauvaise, la note est toujours plus importante que sa signification. Plutôt que d’insister sur ce qu’il sait ou ne sait pas et de comprendre l’origine de ses difficultés quand il est en échec afin de mieux les résoudre, l’élève, comme ses enseignants, moi le premier, se concentrent sur la note, sur le fait qu’elle soit bonne ou mauvaise.  Bien évidemment,  conscients de ces dérives nous, les enseignants, relativisons constamment ces notes dans nos annotations à l’écrit, et à l’oral dans les conseils de classe notamment. Mais l’élève lit-il, et mieux, intègre-t-il les appréciations qui sont données ? S’approprie-t-il le sens de la note ? La plupart du temps, quel que soit son niveau, il regarde le chiffre inscrit en rouge sur sa copie et se contente de cela. La note reste alors une « carotte » ou un « bâton » et n’a pas pour fonction d’estimer un niveau de compétences.

 

         Depuis le début de l’année scolaire 2013-2014, je travaille avec un système de double évaluation : une évaluation chiffrée « classique » et une évaluation par compétences. J’alterne parfois ces deux types d’évaluations et les combine le plus souvent afin de redonner du sens à l’évaluation. Plus claire en termes d’objectifs à atteindre, de savoirs, savoir-faire et attitudes à acquérir, l’approche par compétence me semble intéressante à envisager : elle rend d’abord l’élève acteur de ses apprentissages, l’obligeant à développer des capacités d’analyse. Tenant compte de la complexité de chaque individu, elle doit permettre à l’élève d’éviter de se sentir enfermé dans la peau du « bon » ou du « mauvais » élève, l’incitant à progresser en valorisant tout ce qui est positif. De plus, elle permet aussi de développer une évaluation différenciée et, dans l’idéal, entamer une démarche de remédiation aux difficultés de chacun. Jusqu’à présent, je me suis satisfaisait de ce système hybride mais les élèves ne s’en s’ont pas tous emparés, les yeux restant rivés sur la note et l’évaluation des compétences étant toujours relayée au second plan, même lorsqu’elle apportait une touche positive à une copie dite « mauvaise ».

 

         Aussi, afin d’éviter ce travers, j’ai décidé d’expérimenter une suppression des notes dans mes cours d’Histoire, Géographie et Education civique avec mes élèves de 4ème. A la demande, de mon chef d’établissement, je conserve la double évaluation avec mes 6èm, 5ème et 3ème (DNB oblige pour ces derniers) mais le nombre de note va être très réduit (3 par trimestre environ pour les 6-5ème, un peu plus pour les 3ème).

         Dès le deuxième trimestre chaque élève dispose, comme toujours, d’une moyenne chiffrée qui apparait sur son bulletin trimestriel. A celui-ci s’ajoute un « bilan de compétences » propre aux disciplines qui j’enseigne qui permettra de dépasser la simple logique du chiffre pour s’intéresser réellement à ce que sait ou ne sait pas faire l’élève. Au troisième trimestre, seul ce « bilan de compétences » devrait être fourni en Histoire, Géographie, Education civique pour les élèves de 4ème.

 

        Afin de suivre l’évolution du travail de votre enfant, vous pouvez consulter le résultat des évaluations directement dans son classeur ou vous référez aux bilans des évaluations publiés sur PRONOTE (pour le collège J.Mermoz) ou CERISE (pour le collège départemental). Je vous renvoi alors au « Livret de Compétences Histoire-Géographie-Education Civique (2013-2014) » distribué à votre enfant et soigneusement rangé dans son classeur en début d’année scolaire ou que vous trouverez sur le blog en cliquant ICI.

 

         Si malgré cela des zones d’ombres persistent, si vous souhaitez en savoir plus quant à cette démarche, je reste à votre entière disposition.

 

Alexandre Balet

balet.hg@gmail.com

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