OneNote en classe

OneNote est un programme de prise de notes développé par Microsoft que j’utilise comme classeur numérique avec rès umpous les élèves. Mon établissement, l’Ecole Franco-Américaine du Puget Sound, dispose d’un abonnement Office 365 qui permet à chaque élève de bénéficier de son adresse mail personnel et d’un espace de travail individuel. Par ailleurs, chaque élève a en sa possession une tablette Surface qui lui est propre et qu’il utilise dans l’établissement comme en dehors. Les élèves n’ont plus de cahier papier en Histoire et Géographie, tout est désormais numérique.

L’organisation du classeur

  • Un classeur par classe avec à l’intérieur plusieurs sections correspondant aux chapitres travaillés. Une autre section dédiée au Passeport de Compétences. Dans chaque section des pages qui sont autant de ressources et d’outils à disposition des élèves.
  • Chaque élève dispose de son propre classeur. Seul lui et moi pouvons le consulter et le modifier. Un espace de collaboration (« Collaboration Space ») permet aux élèves d’un même groupe classe d’écrire collaborativement et de déposer des ressources dans des pages qui leurs appartiennent.
  • Je n’utilise pas l’espace « Content Librairy » dans lequel seul le professeur à la main. Il peut être intéressant pour consulter des ressources sans pouvoir les modifier. Je préfère permettre aux élèves d’annoter les documents et de construire leurs cours comme ils l’entendent.

Les différentes composantes d’un classeur OneNote en Histoire-Géographie

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Le rôle du classeur

J’envisage le classeur OneNote de chaque élève comme un classeur traditionnel : il permet de compiler et organiser des informations sur des sujets étudiés. C’est un espace individuel dans lequel l’élève s’exprime, s’entraine, témoigne de ses difficultés, revient sur ses erreurs. Il doit être partagé entre lui et moi afin que nous puissions travailler plus efficacement. Le site La Classe d’Histoire joue le rôle de « manuel d’Histoire-Géographie » dans lequel l’élève peut trouver de nombreuses ressources : plan de travail, vidéos, consignes et documents numériques, lexique, Passeport de compétences, fil Twitter de notre twittclasse.  Lorsque l’élève travaille sur son classeur, il fait des choix dans son parcours d’apprentissage et il est dirigé par des puces augmentées de liens hypertextes vers La Classe d’Histoire. Il ne se pertd pas dans la navigation et il peut copier-coller des ressources du site directement dans son classeur. Le classeur est enrichi et entièrement individualisé par l’élève qui décide ce qu’il veut en faire.

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De nombreux avantages


Synchronisation
: Je distribue très rapidement le contenu du chapitre étudié aux élèves avant même qu’ils n’arrivent en classe. Le plan de travail, les ressources vidéos, le vocabulaire, les activités de recherche, d’écriture ou de synthèse sont instantanément disponibles. Cela permet un gain de temps très important dans la mise en activité et le classeur est automatiquement organisé. Une fois un travail réalisé, je peux l’annoter car il est disponible sur mon ordinateur. Je peux aussi supprimer ou distribuer des ressources individuelles en quelques clics.

 

Visibilité : Grâce à la synchronisation, j’ai accès au classeur de chaque élève à tout moment. Je peux ainsi voir la progression de chacun. Je suis plus réactif pour identifier les difficultés rencontrées, comprendre les erreurs commises et essayer d’aider les élèves à y remédier. Je peux donner des conseils individualisés afin de rendre plus efficace le temps de présence en classe. Dans l’espace de collaboration, les élèves ont une visibilité des progressions individuelles de chaque élève de la classe. Chaque élève devient une personne-ressource potentielle pour ses camarades.

 

Diversité: Une page de classeur peut abriter des ressources très variées (texte, image, audio, vidéo) que l’élève va pouvoir exploiter et annoter avec son clavier ou son stylet. Il peut aussi travailler sur papier ou au tableau puis photographier son travail manuscrit qu’il intègre dans la page souhaitée.  Puisqu’il n’est pas limité par le format d’une page, comme c’est le cas avec le papier, il peut compiler tout ce dont il a besoin dans le même espace. Il est aussi encouragé à conserver son travail au brouillon qui s’intègre entièrement à son classeur et n’est plus jeté à la poubelle. Les possibilités de travail sont multiples et permettent à chacun de travailler à sa manière.

 

Accessibilité : En plus de l’intégration des polices d’écriture « Sitka Small » ou « Open Dyslexic » que j’utilise désormais sytématiquement, OneNote propose plusieurs outils d’apprentissages (« Learning Tools ») favorisant la lecture par tous les élèves et notamment les élèves à besoins spécifiques. Le mode « Lecteur Immersif » (« Immersive Reader ») augmente temporairement la taille des caractères, de l’espace entre les lignes et les lettres, propose une écriture blanche sur fond noir et lit à voix haute le texte écrit sur la page. Il permet aussi de découper des phrases en syllabes, d’identifier les noms, les verbes, les adjectifs dans un texte. Les élèves à besoins spécifiques qui utilisent cette fonction semblent avoir moins de difficultés à se concentrer sur le contenu proposé, notamment car l’étape de décocadage du texte est facilitée. Le mode « Dicter ». (« Dictate ») permet aux élèves de dicter leur texte avant de le reprendre à la main pour corriger les quelques erreurs présentes. Ces deux fonctions sont très puissantes mais néanmoins complexes à mettre en place dans un établissement bilingue comme celui où j’exerce car la bascule du mode anglais à français reste encore peut pratique.


Correction augmentée : La correction n’est plus seulement écrite mais aussi orale. La fonction « Enregistrement audio » (« Record Audio ») permet d’enregistrer des commentaires et de donner des conseils de manière très efficace. Le travail peut aussi être enrichi avec des références aux documents, au vocabulaire, à des liens hypertexte. Lorsque l’élève revient sur son travail, il écoute les conseils formulés et peut améliorer sa production. N’ayant pas encore trouvé de solution pour réaliser des évaluations sommatives en verrouillant une page une fois l’évaluation terminée, je propose des évaluations sur papier aux élèves. Lorsque le travail est achevé, je le photographie avec l’application Office Lens. Ils est automatiquement transféré dans mon classeur personnel où je peux le corriger numériquement en intégrant remarques écrites et audio. On peut aussi imaginer des remarques vidéos mais je ne vois pas l’interêt pour l’instant dans ma discipline. Une fois évalué, le travail est distribuée à l’élève qui la recçoit à l’endroit souhaité dans son classeur.

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Mon expérience

Il y a quelques années, j’ai eu la chance d’enseigner dans les Landes où le conseil départemental a mis en place l’opération « Un collégien, un ordinateur portable » dès 2001 (1). Aujourd’hui, j’enseigne dans un établissement franco-américain où chaque collégien dispose d’une tablette Surface et où toute l’équipe travaille avec Microsoft OneNote. J’apprécie travailler avec cet outil qui me permet d’exploiter le matériel dont dispose les élèves. Eux aussi apprécient l’interactivité et les échanges permanents avec moi. Une poignée d’élèves peine cependant à travailler efficacement avec OneNote, préférant un cahier en papier. Ils sont évidemment autorisés à choisir le support avec lequel il se sentent le mieux. La prise en main de l’outil a été un peu complexe pour les plus jeunes mais son utilisation par tous les membres de l’équipe pédagogique a développé rapidement la maitrise de l’outil par les élèves.

(1) Alexandre Balet, Réinventer le cahier d’histoire-géographie, in Enseigner en Histoire Géographie avec le numérique, Hors Série n°37 des Cahiers Pédagogiques (coord. Laurent Fillon, Olivier Quinet), 2014.

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